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Ouagadougou : la phase pratique du DIU-FHV met 52 professionnels de santé à l’épreuve des urgences sanitaires

Publié le 28 Septembre 2026, 16:59pm

 

Après plusieurs mois d’enseignement à distance, place désormais à la pratique. La 4ᵉ édition du Diplôme interuniversitaire « Fièvres hémorragiques virales, arboviroses et épidémies émergentes et réémergentes en Afrique » (DIU-FHV) a franchi, ce lundi 28 septembre 2026 à Ouagadougou, une nouvelle étape de son parcours de formation.

Pendant quatorze jours, 52 professionnels de santé issus de sept pays d’Afrique de l’Ouest mettront leurs connaissances théoriques à l’épreuve de situations pratiques inspirées des réalités de la gestion des urgences sanitaires. À travers des travaux de groupe, des exercices de simulation, des jeux de rôle, des démonstrations et des visites, cette phase vise à transformer les connaissances acquises en véritables compétences opérationnelles.

La cérémonie officielle d’ouverture s’est déroulée sous la présidence du chargé de mission au ministère de la Santé, Dr Sylvestre Tiendrébéogo, en présence notamment de la chargée des urgences sanitaires à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dre Inès Evelyne Da, du coordonnateur du DIU-FHV, Pr Ismaël Diallo, ainsi que du directeur des enseignements et des innovations pédagogiques, Dr Ali Traoré, représentant le président de l’Université Joseph Ki-Zerbo.

De la théorie à la mise en situation

Après plusieurs mois de formation à distance, les participants venus du Burkina Faso, du Bénin, du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Togo et du Niger abordent désormais la seconde phase de leur parcours.

Durant deux semaines, les apprenants seront confrontés à des situations aussi proches que possible de celles auxquelles ils pourraient être exposés dans le cadre d’une urgence sanitaire. L’objectif est de leur permettre de consolider leurs acquis, mais surtout de développer les automatismes nécessaires à une réponse rapide, coordonnée et adaptée.

Pour le Dr Sylvestre Tiendrébéogo, cette phase pratique répond à une exigence majeure : disposer de ressources humaines suffisamment préparées pour anticiper, détecter et gérer les épidémies.

Les récentes alertes sanitaires, a-t-il souligné, mettent notamment en évidence l’importance d’une surveillance efficace, du renforcement des capacités des laboratoires, de la notification rapide des cas et d’une meilleure coordination entre les pays.

Le représentant du ministère de la Santé a ainsi invité les participants à tirer pleinement parti des exercices et des échanges avec les formateurs et leurs homologues, afin que les compétences acquises puissent être directement transposées dans leurs pratiques professionnelles et contribuer à limiter les conséquences humaines et socio-économiques des crises sanitaires.

Face aux menaces épidémiques, la préparation au-delà des frontières

La Dre Inès Evelyne Da a, pour sa part, replacé cette formation dans un contexte régional marqué par la persistance de maladies émergentes et réémergentes. Elle a notamment évoqué la situation liée à la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, rappelant que la mobilité des populations et l’intensification des échanges transfrontaliers rendent indispensable une préparation qui dépasse les frontières nationales.

Selon les chiffres qu’elle a communiqués, au 25 septembre 2026, l’épidémie de maladie à virus Ebola avait fait plus de 3 790 décès parmi plus de 7 890 cas confirmés, soit un taux de létalité de 48 %.

Dans ce contexte, le DIU-FHV apparaît comme un cadre de consolidation des compétences dans plusieurs domaines stratégiques : surveillance épidémiologique, diagnostic de laboratoire, prévention et contrôle des infections, prise en charge clinique, communication sur les risques et coordination des urgences sanitaires.

La phase pratique doit permettre aux participants de franchir un cap supplémentaire en transformant ces connaissances en réflexes professionnels. Pour l’OMS, l’enjeu est de disposer d’acteurs capables non seulement d’identifier précocement les menaces, mais également de contribuer efficacement à leur maîtrise lorsqu’elles surviennent.

Une promotion placée sous le signe de la pluridisciplinarité

Cette 4ᵉ édition réunit 52 professionnels issus des États membres de l’UEMOA, avec une diversité de profils qui constitue l’une des particularités de la promotion.

Médecins civils et militaires, épidémiologistes, infectiologues, biologistes, pharmaciens, vétérinaires, ingénieurs de santé et de logistique, spécialistes de la communication, journalistes et responsables des opérations d’urgence sanitaire prennent part à cette formation.

Pour le Pr Ismaël Diallo, coordonnateur du DIU-FHV, cette diversité n’est pas fortuite. Elle traduit la nécessité d’une approche intégrée face à des menaces sanitaires de plus en plus complexes.

« Cette diversité correspond à l’approche “Une Seule Santé”, devenue incontournable pour répondre à des menaces sanitaires complexes, dépassant les frontières, les secteurs et les disciplines », a-t-il expliqué.

L’intégration de journalistes constitue par ailleurs une innovation de cette 4ᵉ édition. Elle élargit le spectre des compétences mobilisées autour de la préparation et de la gestion des urgences sanitaires, tout en mettant en lumière le rôle déterminant de la communication dans la prévention et la gestion des crises.

L’université au cœur de la préparation aux crises

Représentant l’Université Joseph Ki-Zerbo, le Dr Ali Traoré a, de son côté, insisté sur la responsabilité des institutions universitaires dans la préparation des professionnels appelés à intervenir lors des crises sanitaires.

À ses yeux, une réponse efficace aux épidémies repose certes sur la compétence individuelle des intervenants, mais également sur leur capacité à agir de manière concertée et complémentaire.

Les activités prévues au cours de cette phase pratique devraient précisément favoriser cette dynamique collective. En confrontant leurs connaissances à des situations proches des réalités opérationnelles, les participants seront amenés à identifier leurs points forts, à consolider leurs acquis et à développer leur capacité à travailler avec des professionnels issus d’autres disciplines.

Former des acteurs prêts à agir

Au-delà de la certification, cette 4ᵉ édition du DIU-FHV ambitionne ainsi de contribuer à l’émergence d’un réseau régional de professionnels mieux préparés aux urgences sanitaires.

Pendant quatorze jours, les participants devront conjuguer connaissances scientifiques, savoir-faire techniques et travail d’équipe. Une démarche qui rappelle une réalité essentielle de la gestion des épidémies : face à une menace sanitaire, la rapidité de la réponse dépend autant de la qualité de la détection que de la capacité des acteurs à coordonner efficacement leur action.

À Ouagadougou, la formation entre donc dans sa phase la plus opérationnelle, avec une ambition clairement affichée : faire de la compétence, de l’anticipation et de la coopération régionale des remparts contre les prochaines urgences sanitaires.

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