
Le Cameroun s’apprête à franchir une étape institutionnelle majeure avec l’examen d’un projet de loi visant à instituer un poste de vice-président. Soumis au Parlement réuni en congrès le jeudi 2 avril 2026, ce texte prévoit une révision de certains articles de la Constitution. Une initiative qui, loin de faire l’unanimité, cristallise les tensions au sein de la classe politique.
Les députés et sénateurs sont appelés à se prononcer sur cette réforme qui, selon ses promoteurs, permettrait de renforcer l’efficacité et la continuité de l’État. Dans les rangs du parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), plusieurs voix saluent une avancée institutionnelle. Le député Tabouli Célestin estime ainsi que cette évolution contribuerait à « un fonctionnement harmonieux des institutions », dans un contexte qu’il qualifie de « septennat de grandeur et d’espérance ».
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Cependant, cette volonté de réforme suscite de vives réserves au sein de l’opposition et d’une partie de l’opinion publique. Plusieurs élus dénoncent une démarche jugée précipitée et insuffisamment concertée. Ils regrettent notamment d’avoir découvert le contenu du projet en pleine séance du congrès, sans débat préalable approfondi.
Parmi les critiques les plus virulentes figure celle de la députée de l’opposition Ndam Njoya Hermine Patricia Tomaino, qui plaide pour une large concertation nationale avant toute modification constitutionnelle. Elle rappelle que des cadres de dialogue existent déjà dans le pays, tels que la tripartite ou le Grand dialogue national, et estime qu’une réforme de cette envergure ne saurait être engagée sans l’adhésion du « souverain primaire ».
L’opposition remet également en question la légitimité du Parlement à statuer sur une telle réforme, dans un contexte marqué par la prorogation du mandat des élus. Une situation qui, selon ses détracteurs, fragilise la crédibilité du processus en cours.
D’après les dispositions du projet de loi, le futur vice-président serait nommé et aurait notamment pour mission d’assurer la continuité de l’État en cas de vacance du pouvoir, que ce soit à la suite d’un décès, d’une démission ou d’une incapacité du président de la République, Paul Biya.
Intégration BF