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Les 10 et 11 mars 2026, le Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD) a organisé à Bobo-Dioulasso une session de formation destinée à une trentaine de professionnels des médias. Cette initiative, inscrite dans le cadre du projet Kiégosso, vise à renforcer la compréhension des journalistes sur deux réformes structurantes du système judiciaire burkinabè : la loi Faso Bu-Kaoore et la révision du Code des personnes et de la famille.
Au cours de cette session, les participants ont été familiarisés avec les innovations introduites par ces textes législatifs. La loi Faso Bu-Kaoore reconnaît et encadre juridiquement les mécanismes traditionnels de règlement des conflits, existants bien avant la colonisation. Selon Traoré Diakalia, substitut du procureur général près la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso, cette loi, adoptée le 14 janvier 2026, répond à deux impératifs : l’inadaptation de certains textes et du système judiciaire occidental aux réalités sociologiques locales, et le contexte sécuritaire marqué par le terrorisme et les conflits communautaires. Elle ambitionne ainsi de favoriser la paix, la sécurité et la cohésion sociale, tout en limitant les décisions judiciaires potentiellement conflictuelles.
Parallèlement, la révision du Code des personnes et de la famille introduit plusieurs innovations majeures, tant sur la forme que sur le fond. Selon Baudouin Poda, conseiller à la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso, le code modernisé comprend désormais une numérotation analytique des articles et encadre pour la première fois le statut des apatrides. L’ensemble de ces modifications vise à adapter le cadre juridique aux évolutions sociales et à mieux répondre aux besoins de la population.
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Pour le CGD, la formation des journalistes constitue un levier essentiel pour la diffusion et l’appropriation de ces textes par les populations. « Toute réforme doit faire l’objet d’une appropriation par les communautés et les citoyens. Les journalistes jouent un rôle déterminant dans la vulgarisation de ces lois afin que les Burkinabè en saisissent pleinement les enjeux », a souligné Anselme Somda, chargé de programme du CGD.
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Les participants ont salué la pertinence de cette session. Pour Mme Sanou Aminata, journaliste à Silures Média, il s’agit d’une occasion unique de renforcer leur expertise : « Cette formation m’a permis de mieux appréhender ces nouveaux outils juridiques, tant en matière de gestion des conflits que de protection des droits familiaux. Échanger avec des experts et poser les bonnes questions constitue un privilège pour notre pratique professionnelle », a-t-elle déclaré.
Cette initiative du CGD témoigne de l’importance accordée à la synergie entre médias et réformes institutionnelles, afin de promouvoir une justice plus accessible, inclusive et en phase avec les réalités locales.
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