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Crise politique majeure à Madagascar : mutinerie au sein de l’armée et appel à l’unité nationale face à une contestation grandissante

Publié le 13 Octobre 2025, 12:34pm

Madagascar traverse actuellement l’une des plus graves crises politiques de son histoire récente, marquée par une mutinerie au sein des forces armées et une mobilisation populaire d’une ampleur inédite depuis plus d’une décennie. Trois semaines après le déclenchement d’un mouvement de contestation contre le président Andry Rajoelina, des soldats dissidents ont annoncé avoir pris le contrôle de l’appareil militaire, faisant craindre une déstabilisation profonde des institutions républicaines.

Au cœur de cette escalade, une frange des forces armées, notamment des éléments du CAPSAT, unité d’élite tristement célèbre pour son rôle dans le coup d’État de 2009, a officiellement rallié les rangs des manifestants. Le colonel Randrianirina, à la tête de ce groupe, a exigé sans détour la démission du président Rajoelina ainsi que celle des hauts responsables de la gendarmerie nationale, accusés de répression et de compromission.

Face à cette situation explosive, le chef d’état-major, le général de brigade Nonos Mbinina Mamelison, a tenté de désamorcer les tensions par un message de conciliation :

« Tout usage de la force sera dorénavant arrêté. Le peuple travaille pour le bien du plus grand nombre et non pour celui de quelques-uns. »
Un discours qui semble viser à apaiser les esprits dans un contexte où l’affrontement semble imminent entre les partisans du pouvoir et une population en colère.

Dans une adresse solennelle à la nation, le président Andry Rajoelina a pour sa part dénoncé une « tentative de coup d’État » orchestrée selon lui par une minorité agissant contre l’intérêt national. Il a appelé à l’unité du peuple malgache afin de défendre « l’ordre constitutionnel et la souveraineté du pays », insistant sur la nécessité de préserver la stabilité dans un moment aussi critique.

Le bilan humain de cette crise s’alourdit. Selon les Nations unies, au moins 22 personnes auraient perdu la vie depuis le début des manifestations. Un chiffre contesté par les autorités, mais qui illustre l’intensité de la répression ayant accompagné les mouvements de protestation.

Dans les rues d’Antananarivo, la ferveur populaire ne faiblit pas. À l’appel du collectif « Gen Z Madagascar », une génération de jeunes militants galvanisés par les injustices sociales, les manifestants ont investi les places publiques pour revendiquer ce qu’ils considèrent comme une victoire.
« Aujourd’hui, c’est un nouveau départ, le premier jour de notre victoire après trois semaines de lutte. Ce n’est pas fini, mais nous n’abandonnerons pas », confie Carole, une jeune manifestante rencontrée lors d’un rassemblement.

Initialement motivées par un profond mécontentement lié aux coupures d’électricité, à l’inflation galopante et à la précarité quotidienne, les protestations ont rapidement évolué en une contestation politique majeure. Malgré la dissolution du gouvernement annoncée à la fin du mois de septembre, la colère populaire demeure vive, portée par un sentiment d’abandon et une exigence de changement radical.

Alors que les lignes de fracture se creusent entre pouvoir et opposition, entre institutions et société civile, Madagascar s’enfonce dans une zone d’incertitude politique et sociale dont l’issue demeure, à ce jour, des plus incertaines.

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