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Ce mercredi 16 juillet 2025, la ville de Bobo-Dioulasso a connu une effervescence peu ordinaire. À l'occasion du lancement officiel des "72 Heures du Détenu", une initiative inscrite dans le cadre de la Journée internationale Nelson Mandela, près d’une centaine de pensionnaires de la Maison d’Arrêt et de Correction de Bobo-Dioulasso (MACB) ont troqué les murs de leur incarcération contre l’espace public de la ville, balai en main et détermination au cœur.
En partenariat étroit avec la mairie de Bobo-Dioulasso, ces détenus se sont engagés dans une vaste opération de salubrité urbaine, notamment le curage des caniveaux, le ramassage des ordures et diverses actions de propreté dans plusieurs quartiers de la cité de Sya. L’objectif : redonner éclat à la ville, mais surtout réhabiliter l’image du détenu, souvent enfermé dans les préjugés de la société.
Dans une ambiance mêlant solidarité, sueur et dignité, les détenus ont manifesté, à travers cet acte citoyen, leur volonté de s'inscrire dans un processus actif de réinsertion. À travers ce geste hautement symbolique, ces hommes privés de liberté ont affirmé que leur condition carcérale ne les prive ni de leur humanité ni de leur attachement à la nation.
Cette initiative n’est pas une première. Déjà, au cours des mois précédents, les mêmes détenus s’étaient distingués par leur implication dans divers travaux d’intérêt public, notamment sur le chantier Faso Mêbo, contribuant ainsi à l’embellissement et au développement de la ville. Ce retour sur le devant de la scène publique renforce le message selon lequel l’incarcération peut aussi être un levier de transformation personnelle et sociale.
Placée sous le sceau de la mémoire de Nelson Mandela, lui-même ancien prisonnier et ardent défenseur de la dignité humaine, cette journée s’inscrit dans une perspective de citoyenneté restaurative. Elle rappelle que, comme l’a si bien dit Madiba, « ce n’est pas la pierre que l’on jette qui détermine la valeur d’un homme, mais sa capacité à se relever, à apprendre et à servir ».
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En mettant la main à la pâte pour le bien collectif, les pensionnaires de la MACB démontrent que la prison peut également devenir un lieu de reconstruction identitaire, un tremplin vers une réinsertion sociale plus apaisée et plus durable. Leur mobilisation citoyenne ouvre la voie à une redéfinition du rapport entre la société et ses marges, entre punition et participation.
À travers ces "72 Heures du Détenu", la ville de Bobo-Dioulasso nous enseigne que l’espoir peut jaillir des endroits les plus inattendus. La balayette en main, les visages fermes mais dignes, ces détenus donnent un exemple de courage silencieux, celui d’hommes qui refusent d’être réduits à leurs erreurs passées, et qui entendent construire, balayer, et réparer, pierre après pierre, leur place dans la cité.
Intégration BF