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Longtemps porté par une rhétorique de rupture et de transformation, Ousmane Sonko se retrouve aujourd’hui confronté à une réalité politique qu’il ne peut aisément esquiver : celle de son propre bilan au sommet de l’État.
Pendant plusieurs mois, l’ancien Premier ministre a été l’un des principaux artisans de l’action gouvernementale, travaillant en étroite collaboration avec le président Bassirou Diomaye Faye. À ce titre, il a participé aux grandes orientations, aux décisions stratégiques et à la conduite des affaires publiques. Dès lors, toute tentative de prise de distance avec les résultats de cette gouvernance soulève inévitablement des interrogations.
Conscient que l’exercice du pouvoir expose désormais son action au jugement de l’opinion, Ousmane Sonko semble amorcer un repositionnement politique pour le moins surprenant. Celui qui incarnait hier l’autorité gouvernementale adopte progressivement les accents d’un critique du système qu’il a lui-même contribué à diriger.
Cette posture nourrit un débat de fond sur la cohérence de son discours. Peut-on, en effet, revendiquer les prérogatives du pouvoir tout en se présentant comme un opposant à ses propres décisions ? Peut-on être au cœur de l’Exécutif et dénoncer simultanément les insuffisances de l’action gouvernementale ?
Au-delà des considérations partisanes, ces questions renvoient à une exigence essentielle de la vie démocratique : celle de la responsabilité politique. Car gouverner implique d’assumer les succès comme les échecs, les avancées comme les limites.
Chercher à s’extraire du bilan collectif lorsque surviennent les difficultés expose inévitablement à l’accusation de contradiction.
Dans un contexte où les citoyens attendent davantage de clarté et de cohérence de leurs dirigeants, le défi pour Ousmane Sonko n’est plus seulement de convaincre par ses discours, mais de répondre, avec constance et responsabilité, aux attentes suscitées par son passage aux affaires.
Abdalah KABORÉ
Intégration BF