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Quand la ville fête, la police veille : reportage au cœur de la nuit du 31 décembre à Bobo-Dioulasso

Publié le 1 Janvier 2026, 08:33am

À quelques heures de la fin de l’année 2025, tandis que les rues de Bobo-Dioulasso vibrent au rythme des préparatifs de la Saint-Sylvestre, la Police nationale se met en ordre de bataille. Dans la soirée du 31 décembre, le directeur régional de la police de la région du Guiriko a mobilisé ses éléments pour assurer la sécurisation de la ville et permettre aux populations de célébrer le passage à la nouvelle année dans la quiétude.

Face à des policiers rassemblés en grand nombre, Ziba Voubi, directeur régional de la police, livre un message à la fois lucide et empreint d’espoir. Il reconnaît les efforts déjà consentis par les forces de sécurité dans le cadre de la lutte pour la sécurisation du Burkina Faso, tout en rappelant que le chemin est rassurant.

« Il y a eu des hauts et des bas, mais la Police nationale tient bon. Pour la libération totale du Burkina Faso face aux terroristes, j’ai foi que notre pays triomphera. Nous sommes fiers de nos Forces de défense et de sécurité », affirme-t-il.

Ziba Voubi, directeur régional de la police du Guiriko s’adressant aux éléments mobilisés pour la nuit du 31 décembre.
Ziba Voubi, directeur régional de la police du Guiriko s’adressant aux éléments mobilisés pour la nuit du 31 décembre.

Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité de l’opération “Wibga”, dédiée à la sécurisation du territoire national. Le message est clair : courage, discipline et vigilance. La mission de la nuit est précise, sécuriser les rues et permettre à la population de vaquer librement à ses occupations festives.

Service de café au camp CRS pour permettre aux policiers de garder le tonus avant le départ en patrouille.
Service de café au camp CRS pour permettre aux policiers de garder le tonus avant le départ en patrouille.

Avant le déploiement, au camp CRS, l’ambiance est fraternelle. Café et rafraîchissements sont servis aux policiers et aux hommes de médias présents. Quelques instants de convivialité avant que les équipes ne prennent la route.

Au cœur de la patrouille nocturne

Notre équipe de reportage embarque avec les éléments du commissariat central de Bobo-Dioulasso. À leur tête, l’adjudant de police Somda Wilfreid, du corps urbain, chef de mission. Sa zone: l’arrondissement 1 de la ville.

Direction le centre-ville. Le mot d’ordre est sans ambiguïté : rassurer par la présence, prévenir par la vigilance et dissuader toute tentative de trouble à l’ordre public. Les zones criminogènes sont particulièrement scrutées.

Sur le terrain, la police multiplie les contrôles : fouilles de coffres de véhicules, vérification des motos à deux roues, contrôles d’identité, rappel strict du respect du code de la route. À la place Wara-Wara, un jeune homme et sa compagne sont aperçus dans l’obscurité. Ils sont aussitôt interpellés et invités à quitter les lieux.

« Notre mission est d’assurer la sécurité des populations afin qu’elles puissent fêter sans inquiétude. Tout mouvement suspect est observé et analysé », explique l’adjudant Somda.

Là où l’absence des Forces de défense et de sécurité se fait sentir, les patrouilles s’installent jusqu’au rétablissement de l’ordre.

Armes blanches, prudence et fermeté

À Diaradougou, sur un axe peu éclairé, un contrôle de routine révèle la présence d’armes blanches dissimulées dans le coffre d’une moto. Les individus interpellés justifient leur possession par un souci d’autodéfense face à d’éventuelles attaques de bandits.

La décision est mesurée mais ferme.

« Ils devront se présenter au commissariat central après les fêtes pour justifier la possession de ces armes. Ils sont autorisés à repartir, mais les armes restent saisies jusqu’à nouvel ordre », tranche l’adjudant Somda.

À la place Tiéfo Amoro, l’ambiance est festive, dense, animée. La police se positionne discrètement à proximité, observant les mouvements, prête à intervenir. La prévention se fait aussi par la visibilité.

Fouille de coffre et vérification des documents lors d’une patrouille nocturne de la police
Fouille de coffre et vérification des documents lors d’une patrouille nocturne de la police

La route, un danger silencieux en période de fête

Au fil de la patrouille, les policiers interpellent également les conducteurs imprudents : excès de vitesse, manœuvres dangereuses, comportements à risque. La période des fêtes, rappellent-ils, est souvent marquée par des excès aux conséquences dramatiques.

« N’oubliez pas qu’il y a une vie après le 31 décembre. Notre imprudence ou notre manque de tolérance est source d’accidents. Les contrôles ne sont pas là pour gâcher la fête, mais pour protéger des vies », insiste l’adjudant Somda.

Excès de vitesse, alcool, excès de confiance : autant de facteurs qui transforment la route en piège mortel. Un dépassement mal calculé, une seconde d’inattention, et le drame survient.

Minuit : entre vigilance et espoir

À minuit pile, alors que l’année 2026 s’ouvre, les policiers en patrouille s’échangent des vœux sobres mais sincères. La mission continue, même au moment où d’autres célèbrent.

En ce jour symbolique, le message des forces de sécurité résonne avec force : rentrer vivant vaut plus que toutes les célébrations. La prudence, la tolérance et le respect du code de la route demeurent les meilleurs alliés.

Car si l’on peut toujours rattraper un retard, on ne rattrape jamais une vie perdue. Et au bout du chemin, une seule chose compte vraiment : être en vie pour célébrer demain.

Abdalah KABORE

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