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Le Sénégal vit une séquence politique à la fois inattendue et chargée de symboles. En congé depuis le 6 novembre 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko a temporairement quitté les affaires de l’État, laissant la conduite du gouvernement entre les mains de Yassine Fall, actuelle ministre de la Justice.
C’est lors du Conseil des ministres du 6 novembre que le chef du gouvernement aurait lui-même annoncé son départ pour « quelques jours de repos ». Aucune précision officielle n’a cependant été donnée sur la durée de cette pause, ni sur les raisons exactes de ce congé, suscitant de nombreuses spéculations dans les milieux politiques et médiatiques.
En attendant son retour, le président Bassirou Diomaye Faye a confié l’intérim de la Primature à Yassine Fall, figure montante du gouvernement connue pour son franc-parler et sa rigueur. Cette décision intervient dans un contexte politique délicat, marqué par une tension croissante au sein de la coalition « Diomaye Président », alliance politique qui avait porté le duo Faye–Sonko au pouvoir en 2024.
La brouille entre les deux hommes, longtemps perçus comme indissociables, semble aujourd’hui s’étaler au grand jour. Dans une lettre d’information datée du 11 novembre 2025, le chef de l’État a en effet mis fin aux fonctions d’Aïssatou Mbodj, proche d’Ousmane Sonko, jusque-là présidente de la Conférence des leaders — l’instance stratégique de la coalition.
Le président Faye a justifié cette décision par l’existence de « facteurs de division persistants » au sein du mouvement, estimant qu’il était temps de restaurer la cohésion et la discipline dans les rangs de sa majorité. Pour redonner un nouveau souffle à cette structure, il a désigné l’ancienne Première ministre Aminata Touré pour en assurer la gestion et la coordination.
Ce remaniement discret mais significatif vient renforcer l’impression d’une fracture interne au sommet de l’État sénégalais. Si le congé d’Ousmane Sonko devait s’étirer, la question de la stabilité gouvernementale pourrait rapidement se poser, à l’heure où le pays tente de maintenir le cap des réformes promises au lendemain de l’alternance historique de 2024.
Ainsi, la désignation de Yassine Fall à la tête du gouvernement par intérim, au-delà d’une simple mesure administrative, s’inscrit dans un moment charnière pour le tandem Faye–Sonko, dont l’avenir politique commun semble désormais suspendu à de fragiles équilibres.
Intégration BF