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Un vent de discorde semble souffler au sommet de l’exécutif sénégalais. Dans une lettre d’information datée du 11 novembre, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé la revocation d’Aïssatou Mbodj, une proche du Premier ministre Ousmane Sonko, de son poste de présidente de la Conférence des leaders. Cette instance avait pourtant joué un rôle déterminant dans la victoire de Faye à la présidentielle de 2024.
Dans sa note, le chef de l’État dit vouloir mettre un terme à ce qu’il qualifie de « facteurs de division persistants » au sein de la coalition « Diomaye Président », formée autour de son nom et de celui de Sonko. C’est dans cette logique qu’il a confié désormais la gestion politique de la coalition à Aminata Touré, ancienne Première ministre, connue pour son franc-parler et son expérience dans les rouages de l’État.
Mais la décision présidentielle n’a pas tardé à susciter une vive réaction du Pastef, le parti dirigé par Ousmane Sonko. Dans un communiqué officiel, le Bureau politique a affirmé accueillir « avec satisfaction » la volonté du président de restructurer la coalition afin de la rendre « plus forte et plus apte à soutenir l’action gouvernementale ».
Cependant, cette approbation apparente dissimule mal les divergences profondes. Le Pastef rappelle en effet que Bassirou Diomaye Faye n’a jamais été le président de la coalition, mais seulement son candidat. Dès lors, soutient le parti, il ne dispose pas du pouvoir de démettre Aïssatou Mbodj, désignée par la Conférence des leaders elle-même.
Dans le même communiqué, le Pastef marque clairement sa distance avec la nouvelle orientation impulsée par le chef de l’État. « Nous ne nous reconnaissons dans aucune initiative coordonnée par Madame Aminata Touré, avec qui nous ne partageons ni les valeurs ni les principes », précise le texte.
Le parti de Sonko annonce par ailleurs la poursuite de son propre agenda politique, fondé sur la fusion avec d’autres organisations alliées et le renforcement de sa base militante. Il affirme également vouloir parachever la mise en place de la coalition APTE, sous la présidence d’Aïssatou Mbodj.
Ces développements traduisent un climat de plus en plus tendu entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko, jusque-là présentés comme un duo soudé issu d’une même lutte politique. Selon plusieurs sources proches du Pastef, une annonce officielle de Sonko pourrait intervenir dans les prochaines heures, nourrissant les spéculations sur une éventuelle démission du chef du gouvernement scénario qui, s’il se confirmait, marquerait un tournant majeur dans la jeune présidence de Diomaye Faye.
Integration BF