À l’ombre des marteaux, pelles et truelles qui façonnent les rues de Bobo-Dioulasso dans le cadre de l’initiative présidentielle « Faso Mèbo », une autre forme de combat se mène, plus discrète mais tout aussi cruciale : celui de restaurer, chaque jour, les ouvriers qui, au prix de leurs forces, participent à la transformation de leur pays.
Au siège régional du projet Faso Mèbo à Bobo-Dioulasso, une femme incarne cette mission nourricière avec détermination et humilité. Kassamba née Sawadogo Awa, visage rayonnant de bienveillance, est l’une de ces figures de l’ombre dont l’engagement mérite d’être salué à sa juste valeur.
Depuis plusieurs semaines, elle s’emploie, avec les moyens du bord, à assurer la préparation de repas chauds pour les nombreux travailleurs engagés sur les différents chantiers. « Ce n’est pas une tâche facile, mais c’est une contribution que je fais de tout cœur pour soutenir ceux qui bâtissent notre pays », confie-t-elle, entre deux remuages de marmite.
Une solidarité bien réelle, mais des défis quotidiens
Kassamba Awa ne tarit pas d’éloges envers les généreux donateurs qui, touchés par la situation, ont apporté leur aide en nature ou en espèces pour que ces ouvriers puissent avoir de quoi se restaurer. « Grâce à eux, nous avons pu cuisiner régulièrement. Je leur adresse toute ma gratitude. Ils ont compris que nourrir ces hommes et ces femmes, c’est aussi construire le Burkina Faso », dit-elle avec reconnaissance.
Mais la tâche n’est pas sans embûches, surtout en cette période de pluies où les conditions deviennent plus rudes. L’humidité permanente, le bois difficile à maintenir sec, les abris de fortune balayés par le vent… tout cela complique grandement la cuisson à grande échelle.
« Cuisiner pour des dizaines de personnes sous la pluie avec du bois humide, ce n’est pas évident. Nous passons plus de temps à rallumer le feu qu’à faire cuire les aliments », explique-t-elle, visiblement éprouvée mais toujours animée par la volonté d’agir.
« Il est également essentiel de penser à l’approvisionnement régulier en consommables », souligne Kassamba Awa, visiblement préoccupée par les besoins croissants sur le terrain. « Chaque jour, nous cuisinons l’équivalent d’un sac de riz, parfois même davantage, en fonction de l’affluence des ouvriers présents sur les chantiers. »
Cette réalité logistique, souvent ignorée du grand public, constitue pourtant un maillon crucial du bon déroulement des travaux. Derrière chaque plat servi se cache une organisation exigeante, faite de calculs, d’anticipation et d’endurance. L’approvisionnement en denrées alimentaires de base riz, huile, condiments, légumes est une course quotidienne contre le temps et les moyens.
« Si les dons en nature peuvent parfois alléger la tâche, il n’en reste pas moins que nous devons anticiper et renouveler constamment nos stocks. Le riz, notamment, est consommé en grande quantité. Il ne suffit pas de cuisiner ; encore faut-il avoir les ingrédients nécessaires pour le faire dans de bonnes conditions », explique-t-elle avec lucidité.
À travers cet appel, Kassamba Awa rappelle que nourrir les bâtisseurs de Faso Mèbo ne se résume pas à une simple action ponctuelle, mais à un engagement constant, qui nécessite un soutien continu et coordonné. « Chaque sac de riz, chaque bouteille d’huile, chaque panier de condiments est une contribution directe à la réussite de cette grande initiative nationale », conclut-elle avec détermination.
Un appel lancé à la solidarité nationale
Avec une profonde émotion, Kassamba Awa tient à adresser ses remerciements les plus sincères à toutes les âmes généreuses qui, de près ou de loin, ont tendu la main pour soutenir la restauration des travailleurs de Faso Mèbo.
« Je remercie du fond du cœur tous les donateurs, connus ou anonymes, qui nous accompagnent dans cette mission. Grâce à leur élan de solidarité, nous avons pu faire face à de nombreux défis et offrir chaque jour un repas chaud à ceux qui œuvrent sur le terrain. Ce qu’ils font est grand, noble et précieux. Qu’ils soient bénis et que leurs actions inspirent d’autres à suivre le même chemin », confie-t-elle avec reconnaissance.
Au-delà des dons matériels, c’est le geste, l’intention et la constance de leur soutien que Kassamba salue avec une émotion palpable. Car pour elle, chaque sac de riz, chaque ustensile, chaque mot d’encouragement reçu est une preuve que le Burkina Faso peut compter sur la force de sa solidarité.
Face à ces difficultés, Kassamba Awa lance un cri du cœur. Elle en appelle à la générosité de tous ceux qui peuvent l’accompagner dans sa mission, en particulier à travers la fourniture de bouteilles de gaz qui faciliteraient énormément la préparation des repas. « Avec du gaz, nous pourrions cuisiner plus rapidement, de façon plus propre et plus sûre, même sous la pluie. Ce serait une bénédiction pour les travailleurs et pour nous qui les assistons », plaide-t-elle.
Au-delà des infrastructures qui émergent et des discours officiels, l’initiative Faso Mèbo révèle jour après jour les visages simples mais héroïques d’un Burkina Faso résolument tourné vers l’effort collectif. Kassamba Awa en est l’un des symboles. Par son engagement quotidien, elle nourrit les corps autant que l’espoir.
« Que Dieu bénisse ces travailleurs. Ils donnent tout pour notre pays. Puisse-t-Il leur accorder la force, la santé et la paix », conclut-elle, les yeux tournés vers les ouvriers qui reprennent leur souffle à l’abri d’un hangar de fortune.
Dans ce chantier géant qu’est Faso Mèbo, chaque geste compte. Et celui de nourrir les bâtisseurs de la nation, dans la dignité et la chaleur humaine, est sans doute l’un des plus nobles.
Franc
Intégration BF